Pourquoi j’ai décidé de rentrer

J’ai malheureusement du prendre la décision d’écourter mon voyage. Cette décision a été difficile à prendre, mais le bon sens prend vite le dessus.

À ceux qui s’apprêtent à me dire que « c’est débile, c’est pire ici, tu serais bien mieux à la plage », je leur répondrais simplement que oui, sans doute que me dorer la pilule à la plage serait bien plus agréable que de rester enfermée chez mes parents, mais réfléchissez et voyez plus loin qu’à une ou deux semaines. Oui, c’est sûr que là, la Belgique, c’est pas le rêve, mais dites-vous bien que dans quelques semaines ça sera tout pareil là-bas.

Rester, ça veut avant tout dire, prendre le risque de ne plus savoir rentrer. Rester, ça veut dire aussi prendre le risque de tomber malade là-bas, et de 1) prendre la place d’un colombien/bolivien/péruvien dans un hôpital, 2) ne pas avoir accès à des soins de santé fifou. Rester, ça veut dire être toute seule, confinée très loin de ma famille. Rester, ça veut dire avoir peur, toute seule, pour moi mais surtout pour ma famille et mes amis en Belgique.

Au-delà de la peur, il y a aussi le côté pratique. En effet, suite à l’épidémie de coronavirus en Europe, les frontières entre tous les pays d’Amérique latine commençaient à se fermer les unes après les autres, ainsi que les sites touristiques. Je n’aurais pas pu aller en Bolivie fin mars. Si je ne peux plus rien faire là-bas, j’aime autant être à Bruxelles. De plus, on a déjà pu le constater avec Maelle sur les derniers jours de notre séjour en Colombie, les Européens commencent à être vus comme des pestiférés. Les Français, par exemple, se font jeter des auberges de jeunesse, des bus, des hôtels. Alors oui, je suis super déçue, je suis triste, ce voyage c’était le rêve de ma vie. Mais je sais que j’ai pris la bonne décision. Des voyages, ça se reprend, une vie, on en a qu’une.

Notre retour a été assez folklorique ! J’ai décidé de prendre le même vol que celui de Maëlle, le 16 mars. Comme on voyait qu’autour de la Colombie, tous les pays commençaient à fermer leurs frontières, on s’est pris un petit coup de stress, et en revenant de Medellin, a décidé d’aller au guichet d’Air Europa, pour avoir une certitude qu’on pourrait rentrer. Il était 14h, le bureau n’ouvrait pas avant 16h30 (oui, en temps de crise, normal). Nous nous sommes donc installées dans la file et nous avons patiemment attendu. Tout ça, c’était le 15 mars, j’ai passé un anniversaire de rêve 😉 Au final, on s’est trop marré dans cette file et nous avons rencontré tout plein de français (coucou Marion, Tristan, Patrick, Isabelle, Monique et Raymond), avec qui on s’est serré les coudes, et on s’est organisé. On a ri tout l’après-midi pour finalement, 1) ne pas pouvoir changer notre vol du 16/03 au 15/03 et 2) n’avoir aucune certitude sur notre vol retour du lendemain. Si je vous écris depuis le canapé de mes parents, vous vous en doutez, c’est que notre vol était bien opérationnel et que nous avons pu rentrer safe and sound chez nous, juste à temps pour le confinement, trop génial.

Je dois encore vous montrer comment c’était à Palomino, Tayrona et Medellin. Les paysages de rêve ne sont pas encore finis. Et au moins, ça me fait voyager depuis mon canapé moi aussi…

Laisser un commentaire

Concevoir un site comme celui-ci avec WordPress.com
Commencer