Pour mon dernier stop au Belize, j’ai choisi le petit village d’Hopkins. Même délire avec les bus pour arriver depuis San Ignacio. Toujours aussi bondé, s’arrêtant toujours au milieu de nulle-part pour laisser sortir les gens.
Hopkins est un village minuscule qui s’articule le long d’une longue route (très moche). Une rue après la route principale, c’est la mer, et ça c’est cool. Je ne sais pas pourquoi, mais j’avais imaginé le village d’Hopkins un tout petit peu plus grand. Là, je pense que la route principale fait 2,5km max et que voila, après, il y a une ou deux rues perpendiculaires (et encore) et puis c’est tout. Hopkins n’attire pas non plus une foule de touristes. À tel point que le jour de mon arrivée, j’ai cru que j’étais dans une ville fantôme. Il n’y avait pas âmes qui vivent dans les rues, j’étais toute seule sur la plage et pas moyen de trouver un resto ouvert. Ça change des îles bondées d’américains, ça c’est sûr.
Heureusement, mon auberge est plutôt cool, il y a quand même pas mal de gens. Du coup, le soir de mon arrivée, je me retrouve entrainée par un petit groupe pour aller à un concert de djembé donné par des locaux. C’était franchement trop sympa. Le genre de moment absurde que tu partages avec une bande d’inconnus.
Ici, un peu comme à San Ignacio, on ne peut pas dire que j’ai fait énormément de choses. La moindre excursion est super chère et j’avoue être un peu lassée de dépenser mon argent pour des attrapes touristes. J’aurais pu essayer d’aller faire un trek dans la jungle par mes propres moyens, mais point de vue sécurité, je ne sais pas si me promener toute seule, sans guide, sans personne qui sait où je suis, au milieu de la jungle, c’était la chose la plus intelligente à faire. Du coup, j’ai beaucoup profité de la plage et de ce temps pour 1) avancer dans la lecture de mon bouquin, 2) peaufiner mon bronzage (ouais « peaufiner », comme si j’étais déjà super bronzée…).
Pour mon troisième soir sur place, j’ai quand même décidé de partir faire une excursion, car on m’en avait parlé et que ça avait l’air quand même vraiment dingue, un tour en bateau, sur la rivière, le tout pour arriver à aller voir le phénomène dit de « bioluminescence ». En gros, grâce à un bon équilibre d’eau de mer et d’eau douce, le plancton, quand l’eau est en mouvement, se met à scintiller. Impossible de prendre des photos, on a tous essayé, mais c’était fou. On a pu se baigner, et quand on bougeait, l’eau autour de nous s’illuminait. Si on laissait ruisseler un peu d’eau sur notre bras, ça faisait comme une rivière de paillettes qui te coule dessus. Franchement, c’était dingue, ça valait trop la peine et je suis super contente de l’avoir fait.
Je passe ma dernière vraie journée au Belize à alterner les moments plages et les moments « retour à l’ombre à l’auberge », et c’est très bien comme ça. Je suis contente de repartir vers le Mexique demain pour ma dernière semaine en Amérique centrale, même si la route s’annonce assez longue (Hopkins – Dangriga : 30min. Dangriga – Belize City : 4h30. Belize City – Tulum : bus de nuit avec départ à 19h30 de BC mais sans que personne ne sache trop me dire quand j’arriverai à Tulum.)
Le côté obscur de la mer des Caraïbes au Belize
En me promenant sur la plage ici, à Hopkins, j’ai pu me rendre compte d’une réalité qu’on se cache bien de nous décrire sur ce petit paradis terrestre, les déchets. La plage est jonchée de déchets en plastique en tout genre, rejeté par la mer. Apparemment, il s’agirait de déchets balancés dans la mer par le Honduras car leur parc à poubelles débordent et qu’ils ne savent plus quoi faire de leurs déchets, du coup, la solution est de les balancer, ni vu, ni connu, dans la mer. Tout ça arrive donc en masse sur les côtes béliziennes et on se retrouve ici avec des déchets échoués entre les algues et les grains de sable. Les gens d’ici ont l’air de ne pas s’en soucier ou tout le moins de s’être fait une raison. Je comprends tout à fait que, contrairement à nous, petits européens, ils aient 100000 autres choses à penser avant de se soucier du tri de leurs déchets, mais quand on voit à quel point cela dénature la beauté du paysage et abime tout le milieu marin, ça rend triste et ça amène à se poser des questions sur nos petites actions de rien du tout du quotidien belge. Ça ne vient pas de m’apparaitre comme une évidence, non, mais sans doute que le fait de nager avec le plastique m’a encore plus ouvert les yeux là-dessus, on n’en fait pas assez. Ce n’est pas suffisant de jouer les bobos le dimanche chez Barn, fiers comme tout avec nos supers sachets réutilisables et nos bocaux. C’est bien, mais il en faut plus pour que le changement opère positivement. J’ai eu envie de demander à mon auberge un sac poubelle et d’aller au moins le remplir de déchets. Mais qui suis-je, petite blonde, pour venir les montrer du doigt, faire ma BA de petite merdeuse d’européenne, et retourner me coucher en me disant que j’ai fait une sacrée bonne action ?
Alors oui, évidemment, c’est facile de dire ça, de mon petit confort après avoir pris l’avion pour venir jusqu’ici, m’apprêtant à reprendre un nouveau vol pour aller à Bogota. Oui, c’est facile de blâmer les autres pays de ne pas en faire assez. Et on ne peut pas arriver dans un pays encore en plein développement venir imposer ses petites idées de blancs occidentaux en leur donnant des leçons. Non, bien sûr que non. Mais j’aimerais pouvoir travailler à un projet d’encadrement, d’aide, de je ne sais pas quoi, mais qui amènerait une meilleure prise de conscience sans être paternaliste. Et si cela doit faire partie de mes petites révélations du voyage, ça en sera une. J’aimerais pouvoir en faire plus, à une plus grande échelle, pas juste m’extasier devant mes pailles en inox. Je sais que c’est facile à dire, qu’une fois de retour dans ma routine belge, je reprendrai tous les jours ma voiture pour aller travailler mais je me féliciterai d’avoir acheté ma courgette locale. Mais cette angoisse écologique me pèse de plus en plus. Et je n’ai pas envie d’être responsable d’un monde sans tortues de mer pour nos enfants.
Revenez me charrier avec ça au mois de juin, pas de soucis 😉
Hostel : Funky Dodo Hostel







Quel bonheur de pouvoir suivre ton périple à distance
J’aimeJ’aime